10 choses que j’ai apprises après avoir vécu une fausse couche

Je sais qu’en général, mon blogue traite de sujet plutôt léger et tend à vouloir provoquer le rire de ceux qui le consomment. En même temps, les sujets que j’aborde proviennent beaucoup de l’inspiration du moment et de ce que je vie. Et la vie justement, ce n’est pas toujours des moments magiques et précieux, tu le sais.

Il y a maintenant plus d’un an de cela, ma copine et moi avons perdu notre bébé après 9 semaines de grossesse. C’était notre première grossesse. Ce fut évidemment l’événement le plus triste et difficile de notre couple, voire de nos vies respectives. Il n’y a évidemment rien qui te prépare à ça, et même pour l’avoir vécu, rien que tu peux préparer non plus.

Pourquoi j’ai décidé de partager quelque chose de super personnel et d’écrire sur ce douloureux moment de ma vie? Probablement parce que lors des semaines suivant cet évènement, je me suis mis à chercher des témoignages et des mots rassurants sur des blogues … histoire de me sentir moins seul et d’apaiser la peine de ma copine et moi. Constat : Bien que ça existe de plus en plus, il n’en pleut pas. Si ce n’est que les mots semi-apaisants d’une psychologue ou quelques mots arrachés d’une femme triste sur un forum de femmes enceintes.

Je souhaite donc partager notre petite histoire, comme des milliers de couples l’ont vécue. Je t’offre le point de vue de l’homme, celui qui se sent bien impuissant, qui a dû rester fort pour sa courageuse copine qui a dû affronter l’horreur d’encore plus près que lui.

Peut-être y trouveras-tu du réconfort et peut-être que plus globalement, on continuera de briser le malaise général autour de cet événement tragique, mais si fréquent?

Voici, 10 choses que j’ai apprises après avoir vécu une fausse couche.

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10. C’est très inattendu

Après 9 semaines de grossesses sans anicroche, avec tous les symptômes qu’une femme enceinte peut avoir, t’as le sentiment d’invincibilité. T’oublies la possibilité de perdre ton petit morceau de bonheur. Hey, tout va bien!

Et puis un jour, t’entends la femme que t’aime, crier à travers la porte de la salle de bain. Boom, comme ça. Elle n’a pas reçu de coup violent dans le ventre. Elle n’a pas mangé de la viande avariée. Elle n’a pas déménagé une table de pool. Rien.

Je sais que ce point n’est vraiment pas rassurant, mais rappelle-toi: je t’écris à propos des choses que j’ai apprises. Entendons-nous, c’est toujours plus rassurant lorsque tes premières semaines se passent bien et c’est aussi techniquement bon signe…mais pour nous, ça a basculé très rapidement, sans signe précurseur.

9. Parfois, c’est simplement une loterie

Ma copine est une femme très organisée dans la vie. Peut-être trop. Lorsqu’elle veut en apprendre sur quelque chose, elle épluche tout ce qui a été un jour dit sur le sujet. Alors, lorsque notre plan d’avoir un enfant s’est clarifié, elle a lu sur toutes les façons de bien préparer son corps pour maximiser les chances de tomber enceinte et les suppléments à prendre pour préparer l’abri le plus sécuritaire pour le petit bébé. Même si c’est peut-être exagéré aux yeux de certains, je vois simplement un sacrifice afin que tout se passe le mieux possible. Ce qui veut dire que 3 mois avant de s’essayer, elle prenait déjà des suppléments … et nous avons malheureusement vécu une fausse couche quand même!

Je n’essaye pas de discréditer les femmes qui se prépareront au maximum pour la venue d’une grossesse, c’est probablement l’idéal même. Sauf que je veux simplement t’illustrer qu’il n’y a pas de justice : ce qui doit arriver arrivera, malgré la plus grande précaution et préparation.

Un mythe répandu c’est qu’une fausse couche arrivera uniquement à une femme qui ne fait pas attention à elle. C’est faux. C’est pas une méritocratie, c’est plutôt une loterie à laquelle t’espère que ton numéro ne sera pas pigé.

8. Ça peut-être long comme « processus »

Avant, j’avais dans la tête qu’une fausse couche c’était l’expulsion du morceau défectueux. Froidement : Ça arrivait, tu t’essuyais et tu pleurais pour des semaines.

La réalité, c’est que c’est long et ça se fait graduellement. Les conséquences physiques et répercussions sur une femme peuvent durer des semaines après. Le corps de la femme est tout dérèglée (physiquement et mentalement), et tu peux avoir à traîner ce mauvais souvenir pendant des semaines. Sans entrer dans les détails, le processus « d’expulsion » reste avec la pauvre femme quelques jours, voire quelques semaines. Alors qu’elle veut simplement tourner la page et « oublier » cet événement, son corps lui rappelle chaque jour cette journée traumatisante et ce rêve envolé.

Pis c’est rough.

7. Ça ne semble pas être une urgence

C’est probablement le pire choc que j’ai vécu durant cet épisode : À aucun moment, j’ai senti que du personnel médical ont considéré les premiers signes de fausse couche comme une urgence. De l’appel en panique au 8-1-1, à la TRÈS longue attente dans la salle d’urgence de l’hôpital, au diagnostic un peu vague du médecin … ce fut un 48 h interminable. Un 48 h d’incertitude où tu ne sais pas si tu perdras ton bébé et où le consensus général est « y’a pas rien qu’on peut faire, faut attendre voir. ». That’s it? On ne peut pas stopper ça? Regarder les signes vitaux du bébé? On croise les doigts et on attend?

Quelques mois plus tard, je vois un peu plus clair : une fausse couche au premier trimestre, c’est fréquent et y’a, semble-t-il, rien pour l’empêcher. C’est la nature qui suit son cours. C’est pour ça que les spécialistes de la santé qu’on a croisés laisse l’impression que c’pas une urgence … médicalement parlant, t’en es pas une. La femme n’est pas en danger et ton fœtus n’est pas assez avancé pour être sauvé. On ne lui fera pas d’opération d’urgence pour booster ses chances de survie.

C’est terrible d’écrire ça, je sais. Mais, c’est ça que j’aurais aimé savoir quand j’ai trouvé que, maudit crisse qu’on semblait déranger tout le monde avec notre panique.

6. Le support est tellement important

Heureusement, c’pas tous les couples qui passeront au travers d’une fausse couche dans sa vie. Ce qui veut dire que c’est donc pas tout le monde qui peut comprendre comment réagir face à cette terrible nouvelle. On peut pas demander à tout le monde d’être outillé pour trouver les bons mots et avoir la bonne approche avec des gens qui vivent une tragédie de la sorte.

Cependant, vous ne serez jamais, jamais, jamais, déplacé de prendre des nouvelles. Notre époque rend la communication tellement facile, un p’tit texto pour montrer que vous pensez à une personne qui vous ai cher. Pensez pas que vous dérangerez des gens qui vivent un moment difficile. Que ce soit pour n’importe quels moments difficiles, prenez le 30 secondes pour tendre la main et montrer que vous n’êtes pas loin. Vous ne savez pas le bien que ça peut faire.

Même la plus petite des étincelles est immense dans l’obscurité la plus totale.

5. Ça change complètement ta vision de la grossesse

Un peu comme n’importe quoi, si t’as pas vécu ça, c’est difficile de comprendre. Une femme qui n’a jamais eu de fausse couche, n’aura pas la même vision de la grossesse qu’une femme qui en a fait la douloureuse expérience. Spécialement, si ta première grossesse n’est pas menée à terme, la suivante sera évidemment stressante.

Parce qu’une femme qui tombe enceinte va se dire que les fausses couches ça arrive aux autres. Y’a une naïveté et une magie qui vient avec la première grossesse. Tu te sens invincible parce que ça n’arrivera pas à toi. Tu manges bien. Tu te reposes beaucoup. Tu fais du yoga  chaque semaine. Tu ne fais qu’un avec ton bébé. Et pourtant…

Bref, pour avoir vécu ce drame, la grossesse n’est pas toujours aussi magique que les photoshoots dans les vergers. Une grossesse après avoir vécu ce drame, c’est de vivre dans une bulle pendant des semaines et qu’à la moindre douleur tu imagines le pire. Même si on te dit qu’il est accroché après 14 semaines, toi, t’as toujours ce nuage noir au-dessus de la tête… jusqu’à ce que le petit être soit dans tes bras.

4. C’est crissement fréquent

Dépendant de l’âge de la femme, c’est environ 1 grossesse sur 5. 20%! Si t’as 5 amies enceintes, statistiquement, y’en a une qui va avoir une fausse couche. C’est énorme. Creuse un peu et tu vas voir que tu connais beaucoup de femmes qui en ont vécu. Étrangement et égoïstement, y’a quelque chose de rassurant de savoir qu’autant de couples doivent passer par là, comme vous, comme nous.

C’est aussi de virer ça de façon plus rationnelle et de ne pas s’encombrer d’idées noires. Une fausse couche, c’pas un événement rare. Vous n’êtes pas les pires malchanceux de la Terre. Même si tu ne voulais pas être du mauvais côté de la statistique, faut que tu comprennes que c’pas la vie qui s’acharne sur toi. Ça arrive, et…

3. C’pas ta faute

Y’a un sentiment d’impuissance qui vient avec une fausse couche. Y’a un sentiment d’injustice aussi. Et la femme, à tort, pourrait aussi vivre avec un sentiment de culpabilité. Faut chasser cette pensée de ta tête. C’est pas ta faute. Dans de très rares occasions, un malheureux incident pourrait expliquer la cause d’une fausse couche. Mais encore là, c’pas ta faute! Dans une grossesse désirée, y’a pas une future mère qui voudrait volontairement provoquer un tel drame.

Dans notre cas, la fausse couche est arrivé sans symptôme, du champ gauche. Ma copine et moi, on a tout suivi les instructions de la recette par cœur et le gâteau n’a simplement pas levé. C’pas de notre faute. Ça fait partie du deuil que de comprendre qu’on n’aurait pas pu rien faire pour empêcher ça. C’est difficile, crois-moi, mais on doit regarder en avant et garder espoir. Ça n’avancera à rien et ça brûle beaucoup d’énergie de vouloir trouver le coupable. Surtout lorsqu’il y en a pas.

C’est important de vous assurer de ne pas vous empoisonner avec des pensées venimeuses inutiles.

2. C’est probablement pour le mieux

Si tu cherches une raison pour expliquer une fausse couche, y’a celle-ci : ta petite crevette était probablement trop fragile pour la dureté de la vie. Comme dans le règne animal, y’a seulement ceux qui sont outillés pour affronter la vie qui survivent. Les plus fragiles ne passeront malheureusement même pas la ligne de départ. Et c’est plus sain de penser ainsi.

Pour notre part, cette philosophie nous a beaucoup aidé suite à la perte de notre bébé. De se dire qu’il n’était tout simplement pas assez fort pour affronter la vie. Avec son petit ou grand défaut de fabrication, il n’était pas destiné à quitter l’usine. Que la vie a pris la dure décision pour nous, afin de le protéger d’une vie misérable. C’était donc mieux.

T’as pas l’goût d’entendre ça, mais faut rester forts et positifs.

1. C’est probablement un incident isolé

Faut que j’te laisse sur une note d’espoir. Si comme nous, ta première grossesse s’est soldée en fausse couche, c’est difficile d’imaginer l’espoir. Après avoir absorbé le choc de l’événement, tu te demandes si tu pourras avoir un enfant. Si t’as vécu une fausse couche, tu te dis surement que ton corps a quelque chose de défectueux et que tu en vivras d’autres. J’te rassure. À moins de te faire diagnostiquer en ce sens, c’est pas parce que tu as vécu une fausse couche que t’as nécessairement plus de chances d’en faire une à ta prochaine.

C’est certain que c’est stressant d’avoir ce nuage noir au-dessus de ta tête, mais c’est un nouveau départ et tu réinitialises la loterie. Dis-toi que si t’as 20% des chances de faire une fausse couche, ça veut dire que t’as quand même 80% des chances de mener à terme ta grossesse! Focus sur le positif.

Pourquoi?

Parce qu’à notre deuxième grossesse, notre bébé s’est accroché et nous avons une bonne grossesse tout à fait normale et notre petit garçon de 6 mois est en bonne santé! Pis yé beau en sacrament en plus!

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Si tu lis ça en ce moment, à 2 heures du matin, les yeux rougis par la fatigue et les pleurs après avoir vécu le pire scénario de votre grossesse … découragez-vous pas.

Patience, courage et rester positifs : c’est probablement juste une badluck.

Y’a peut-être eu une crevaison au milieu de ton roadtrip, mais c’pas la fin du voyage.

Beaucoup d’amour.

Moes

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